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Repères · 8 min de lecture

Faire le SWOT de sa situation : savoir d’où l’on part

Un SWOT recense vos forces, vos faiblesses, les opportunités et les menaces qui entourent un objectif précis. Quatre cases, un exercice simple en apparence — et pourtant le plus souvent mal fait, parce qu’on le remplit dans le vide, sans savoir à quoi il doit servir.

Qu’est-ce qu’un SWOT ?

SWOT est l’acronyme anglais de Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats : forces, faiblesses, opportunités, menaces. En français, on croise aussi le sigle AFOM. L’outil vient de l’analyse stratégique d’entreprise, où il est utilisé depuis les années 1960 — sa paternité exacte reste d’ailleurs discutée.

Sa logique tient en deux axes. Le premier sépare ce qui dépend de vous de ce qui n’en dépend pas. Le second sépare ce qui vous aide de ce qui vous freine. On obtient quatre cases :

Forces — ce qui, chez vous, sert l’objectif : compétences, expérience, réseau, économies, disponibilité.
Faiblesses — ce qui, chez vous, le freine : une compétence qui manque, un manque de temps, une difficulté à déléguer.
Opportunités — ce qui, autour de vous, peut le servir : un marché qui s’ouvre, un financement, une personne prête à vous aider.
Menaces — ce qui, autour de vous, peut le compromettre : une échéance, une concurrence, une situation familiale tendue.

Pourquoi un SWOT dès la première séance ?

La première séance sert à trois choses : fixer l’objectif final, comprendre votre cadre et les interactions avec votre entourage, et poser le SWOT. Ces trois volets se répondent. L’objectif dit où vous voulez aller ; le SWOT dit d’où vous partez et avec quoi. Sans lui, les premières étapes se choisissent au hasard, ou selon l’humeur du jour.

C’est aussi ce qui évite de construire un plan sur une image flatteuse ou décourageante de soi. Poser les quatre cases à froid, par écrit, oblige à regarder la situation telle qu’elle est.

Un SWOT se fait toujours au regard d’un objectif

C’est la règle qui change tout, et la plus souvent oubliée. Une force n’est pas une force dans l’absolu : c’est une force pour quelque chose.

Aimer travailler seul est une force si vous visez une activité indépendante ; c’est une faiblesse si vous visez la direction d’une équipe. Vivre loin d’une grande ville est une menace pour ouvrir une boutique, et parfois une opportunité pour une activité en ligne. Faire un SWOT « de soi », sans cible, produit une liste de qualités et de défauts qui ressemble à un entretien d’embauche : agréable à lire, inutilisable.

C’est pourquoi le SWOT vient après la formulation de l’objectif final, jamais avant.

Un exemple pour fixer les idées

Prenons une situation fictive. Claire est comptable salariée depuis douze ans ; son objectif final est de devenir formatrice indépendante en gestion pour les petites entreprises.

Forces : une vraie maîtrise du sujet, une expérience concrète des erreurs courantes, un bon contact avec les dirigeants qu’elle accompagne déjà.
Faiblesses : aucune expérience de l’animation de groupe, une aversion pour la prospection, peu d’économies de côté.
Opportunités : un ancien client qui lui a déjà demandé d’intervenir auprès de son réseau, des dispositifs de financement de la formation qui existent pour ses futurs clients.
Menaces : un marché où les formateurs sont nombreux, un conjoint inquiet à l’idée d’une baisse de revenus.

Rien d’exceptionnel dans cette liste. Mais posée noir sur blanc, elle fait déjà apparaître des priorités que Claire n’avait pas formulées.

Les pièges les plus fréquents

Confondre interne et externe. « Le marché est porteur » n’est pas une force, c’est une opportunité : elle existe pour vous comme pour tout le monde. La question à se poser est simple : est-ce que ça dépend de moi ?

Rester dans le générique. « Motivée », « rigoureuse », « à l’écoute » : ces mots ne disent rien d’utile. Une force exploitable se décrit par un fait — « j’ai déjà formé trois collègues à notre logiciel » vaut mieux que « pédagogue ».

Transformer la case faiblesses en procès. Une faiblesse n’est pas un défaut moral. C’est un point à traiter, à contourner ou à confier à quelqu’un d’autre. Quand atteindre l’objectif demande une compétence d’un autre domaine, je me charge d’ailleurs d’inclure un·e expert·e dans le processus.

Oublier l’entourage. Les personnes autour de vous se rangent souvent dans les opportunités ou les menaces, selon la position qu’elles occupent face à votre projet. Le conjoint inquiet de Claire n’est pas un obstacle définitif : c’est une menace à prendre en compte, et peut-être à déplacer.

Du SWOT aux premiers objectifs

Un SWOT qui reste un tableau n’a servi à rien. Son intérêt, c’est de croiser les cases pour en tirer des actions :

S’appuyer sur une force pour saisir une opportunité. Claire peut proposer une première intervention au réseau de son ancien client, sur le sujet qu’elle maîtrise le mieux.
Utiliser une opportunité pour réduire une faiblesse. Cette première intervention, devant un public bienveillant, est aussi sa première expérience d’animation.
Protéger une faiblesse d’une menace. Peu d’économies et un conjoint inquiet : démarrer en parallèle de son emploi plutôt que démissionner d’emblée.

Chacune de ces pistes devient alors une première marche, formulée comme tous les objectifs du coaching : de façon SMART. « Animer une première session de deux heures pour le réseau de M. X avant fin mars » se mesure ; « me lancer dans la formation » ne se mesure pas.

Un SWOT n’est pas gravé une fois pour toutes

Le SWOT posé en première séance est une photographie. Au fil de l’accompagnement, une faiblesse se résorbe, une opportunité se ferme, une menace apparaît. Ce n’est pas un échec du tableau : c’est la preuve que la situation bouge. On y revient chaque fois que c’est utile, sans bilan imposé à date fixe.

À lire aussi : Il n’y a pas de coaching sans objectif et Un objectif qui n’est pas SMART n’est pas un objectif.

On pose votre SWOT ensemble ?

Le SWOT est l’un des trois volets de la première séance, avec l’objectif final et les interactions avec votre entourage. Avant, quinze minutes au téléphone suffisent pour vérifier que le coaching répond à votre situation.

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